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Renault roule pour les points de fonction

24 ans ! Depuis près d'un quart de siècle, la méthode des points de fonction a fait son entrée dans le système d'information du groupe automobile. Aujourd'hui, rien n'échappe à la balance : des applications métiers internes aux solutions en SaaS, tout est soigneusement décortiqué et analysé selon le standard. De quoi convaincre même les plus sceptiques.

Lorsqu'elle est utilisée pour la première fois chez Renault en 1986, la méthode des points de fonction en est encore (presque) à ses balbutiements. Élaborée par Allan Albrecht en 1979 (lire notre article, décembre 2009), elle est conçue pour évaluer le poids d'un patrimoine applicatif selon une référence universelle, le point de fonction, métrique unique liée à l'aspect fonctionnel (et non technique) de l'application. Pour Renault, qui est, avec le Crédit Lyonnais et PSA, l'un des plus anciens utilisateurs français de la méthode, l'idée de départ était de dresser un bilan de certaines des fonctions de son système d'information. Sur un périmètre assez restreint et avec une méthode adaptée, spécifique au Groupe Renault.

« Mais cela ne me paraissait pas suffisant, explique Arthur Massier, Responsable de la mesure de performance à la Direction des Systèmes d'information de Renault. En 1993, nous avons donc adopté la version standard de la méthode et l'avons élargi à l'ensemble du patrimoine applicatif du groupe ». Avec pour mission de rendre objective l'évaluation des applicatifs et pouvoir ainsi benchmarker les fonctions sur l'ensemble du groupe. Bien sûr, un tel projet n'a pas pris forme en une nuit : près de 2 ans ont été nécessaires à l'élaboration des scénarios de mesure, des référentiels d'analyse et à la constitution des bases de données regroupant l'ensemble des analyses et des caractéristiques explicatives des applications. Et ce n'est qu'à partir de la fin de l'année 1994 que la méthode des points de fonction est entrée dans une phase réellement industrielle au sein du groupe.

Mais pour Arthur Massier, pas question de se reposer sur ses lauriers. Car évaluer l'existant, c'est bien. Pouvoir prédire l'avenir, c'est encore mieux. Une prédiction qui passe notamment par l'estimation, selon la méthode des points de fonction, du fameux Qualité-Coût-Délai (QCD) des futurs applicatifs du groupe. D'abord sur les projets purement internes puis sur les projets au forfait. « Outre la visibilité totale sur l'ensemble des outils logiciels au niveau monde, la méthode des points de fonction nous assure dans nos choix, poursuit Arthur Massier. Grâce à elle, nous pouvons construire des applicatifs qui répondent parfaitement aux besoins de nos utilisateurs ou encore comparer objectivement les prix de nos fournisseurs par exemple ».

Aujourd'hui, et comme de nombreuses autres entreprises, Renault réduit la part spécifique de son SI au profit de l'implémentation de solutions progicielles voire même d'outils accessibles en mode SaaS. De nouveaux modes de consommation de l'outil informatique qui auraient bien pu signer l'arrêt de mort de la méthode des points chez Renault. Que nenni ! Plus présente que jamais, c'est justement elle qui va déterminer si, oui ou non, un progiciel ou une solution sous forme de service est plus intéressante qu'un développement spécifique. Ainsi les SAP, Business Objects et autres HRAccess sont tous passés à la moulinette et ont été présentés au Comité de Décision accompagnés de leur cotation fonctionnelle avant d'entrer au SI Renault.

C'est donc sur la base d'une approche standardisée du marché que Renault conçoit, depuis près d'un quart de siècle, la gouvernance de son système d'information, la plupart des métriques de pilotage du SI étant liées de près ou de loin aux points de fonction. Pour autant, les premiers référentiels élaborés dans les années 1990 n'ont plus rien à voir avec les référentiels actuels. « Il est impératif de se benchmarker tous les 3 ou 4 ans et d'analyser le référentiel des points de fonction afin d'identifier les facteurs qui jouent sur la performance, et pouvoir ainsi actualiser les leviers action », conclut Arthur Massier.

 

Cet article est sponsorisé par Metrixware.


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