Cyril MORCRETTE, Directeur Technique et Systèmes d’information de Mappy
Depuis 20 ans, Mappy crée des cartes online ! Pour faire face à une concurrence toujours plus féroce, la filiale de PagesJaunes doit sans cesse se renouveler et proposer de nouvelles fonctionnalités ou des services améliorés à ses clients. Un défi de DSI quasi permanent. Revue de détails avec Cyril Morcrette, Directeur Technique et Systèmes d'information.
A quoi ressemble la DSI d'un cartographe en ligne ?
A une DSI traditionnelle à laquelle s'ajoutent des services de cartographie ! Ou plutôt de géomatique : en réalité, nous achetons des cartes à des sociétés spécialisées en cartographie que nous intégrons pour générer tous nos modèles de données. Puis nous les enrichissons pour permettre de créer l’ensemble des services géographiques : « dessin » des cartes à différents niveaux de zoom, géocodage et outils de recherches, création des itinéraires et gestion des points d’intérêts, tels que les hôtels, les restaurants, les stations service, que nous récupérons de multiples sources partenaires ou du groupe..
Qu'il s'agisse de cartes ou de photos aériennes, tous nos services sont accessibles directement sur notre site ou via nos API/SDK gratuits pour l'intégration dans les services de PagesJaunes et ceux de nos partenaires. Dans tous les cas, les fonctionnalités sont les mêmes, seule la présentation est amenée à changer en fonction de la charte graphique des utilisateurs de nos interfaces.
Quelles technologies avez-vous choisi pour gérer de tels services ?
Depuis maintenant deux ans, nous avons fait le choix de basculer sur un système de dalles : les cartes sont divisées en « carrés », en fonction du niveau de zoom, afin de ne recharger que ce qui est strictement nécessaire lors d'un déplacement sur la carte et de permettre une meilleure utilisation des différents niveaux de cache, aussi bien utilisateurs, réseau ou sur nos serveurs. Une solution qui allège les charges serveurs et réseau de près de 30%. Un choix judicieux : à ce jour, nous servons plus de 3 milliards de dalles par mois entre notre site (2,2 Milliards), le site Pages Jaunes (800 millions) et nos autres partenaires et utilisateurs des API/SDK (60 millions).
Pour générer l'ensemble de nos services, nous disposons d'une dizaine de frontaux Web, de 15 serveurs API et d'une quarantaine de serveurs de données (cartes, itinéraires, services). En comptant les environnements techniques, de validation, de montée en charge, etc., nous comptons plus de 250 serveurs et équipements réseau.
Et sur un plan applicatif ?
Jusque-là, nous disposions de nombreuses applications développées, gérées et stockées en interne. Mais nous nous tournons de plus en plus vers des solutions d'ETL pour simplifier les échanges et traitement massif de données.
Quant à nos bases de données, qui sont au cœur de notre valeur ajoutée, nous utilisons actuellement les technologies d'Oracle, de SQLServer et de MySQL, afin de profiter du « meilleur » de chacun et de fournir le meilleur service possible à nos utilisateurs. Aujourd'hui, nous cherchons de plus à rationaliser nos licences. Notamment au travers de l'implantation de produits Open Source, dont les acteurs ont fait des efforts considérables dans le domaine géographique. C'est le cas par exemple de PostGIS, le module spatial de PostgreSQL.
Ce qui signifie sans doute un redéploiement des compétences internes ?
Une adaptation, c'est certain. Aujourd'hui, nous constatons une véritable fragmentation des compétences en interne. Rationaliser nos technologies, c'est aussi rationaliser nos équipes afin, notamment, de pouvoir optimiser nos équipes en fonction de l'évolution de nos besoins.
C'est le grand chantier 2011 pour Mappy ?
2011 ET 2012 ! En fait, nous avons entamé un virage dès 2010, en particulier avec une recherche d'optimisation de nos architectures, au travers par exemple de solutions de virtualisation, le changement du backbone ou encore l'implémentation de nouveaux load balancers (répartiteurs de charge). Ce qui est aussi nouveau pour nous, c'est l'externalisation de certaines fonctions, telles que la supervision (de nos plateformes BGP et des firewalls notamment).
Pour Mappy, c'est une véritable évolution culturelle : un recentrage de nos compétences sur notre cœur de métier, qui fait toute notre valeur ajoutée, et une meilleure maîtrise des coûts.
Le grand chantier des 2 prochaines années peut donc se résumer ainsi : gérer la croissance interne ainsi que l'évolution vers plus d'externalisation.
Vous parlez d'externalisation, le cloud en fait-il partie ?
Oui, c'est déjà le cas. Nous avons par exemple basculé le traitement des photos aériennes sur le cloud. Ainsi, les ressources très importantes nécessaire pour le pré-calcul ont été gérées de manière totalement déportée : nous utilisons donc le cloud tel qu'il a été imaginé au départ : pour la mise à disposition d’une puissance de calcul sans réelle limite et uniquement le temps nécessaire à notre besoin.
Enfin, quid des normes et/ou bonnes pratiques chez Mappy ?
Le Groupe PagesJaunes y travaille depuis longtemps. Ainsi, l'équipe Mappy teste des procédures plus industrielles tout en cherchant à rationaliser les délais de développement et en gagnant en qualité globale.
