Usine retraite : Systalians décroche la certification CMMi niveau 3
Déjà certifié ISO 9001, et moins de deux ans après sa certification ISO 27 001 puis ISO 20 000, le GIE Informatique du Groupe de protection sociale Réunica obtient la certification CMMi de niveau 3 sur le périmètre "Intégration Usine Retraite". Retour d'expertise d'un acteur de l'IT pour qui la qualité n'est pas qu'un vœu pieu.
ISO 9001, ISO 20 000, ISO 27 001 et maintenant CMMi niveau 3 : vous collectionnez les certifications ?
Emmanuel Garnier, Responsable du Département Risques et Performance – Je dirais plutôt que Systalians a la culture des référentiels de bonnes pratiques et de la qualité : les certifications permettent simplement de la confirmer ! Tout en restant dans le domaine du possible : nous savons rester réalistes et pragmatiques face aux enjeux que cela représente : nous démarrons généralement sur un projet pilote, le plus représentatif ou le plus prêt, de façon à construire notre référentiel, qui sera ensuite déployé sur le reste du périmètre souhaité. C'est ce que nous avons fait avec CMMi : l'intégration Usine Retraite a été retenue au titre de projet pilote et dès cette année, nous entamons la phase de généralisation.
Concrètement, comment démarre-t-on une démarche CMMi ?
Sylvie Talieu-Dutrieux, Responsable service Intégration Usine Retraite – Comme vous le disait Emmanuel, l'idée est avant tout de déterminer le périmètre pilote. En l'occurrence, il s'est agi de l'intégration Usine Retraite car c'est le projet qui nous semblait ouvert au CMMi. L'idée ensuite est de définir les étapes qui permettront d'aboutir à un résultat probant : processus de validation, définition des équipes, etc., et de s'appuyer sur le référentiel type pour construire son propre référentiel interne.
Quels sont les outils à mettre en place pour favoriser la réussite d'un projet de mise en œuvre de CMMi ?
Sylvie Talieu-Dutrieux – Il est tout d'abord indispensable que la démarche projet soit structurée, afin que les équipes puissent travailler ensemble et dans le même sens. Une structuration qui passe notamment par la création de processus automatisés à partir d’outils standards utilisés. Un simple exemple : l'homogénéisation des campagnes de tests. En s'appuyant sur un outil standard, nous avons pu faire que toutes les campagnes emploient la même démarche. Ensuite, il est impératif de mettre sur pied un Groupe d'Amélioration des Processus, ou GAP. Il s'agit de prendre en compte la réalité du terrain pour améliorer les processus. En outre, c'est une excellente façon de créer l'adhésion des équipes à la démarche CMMi. Enfin, un dossier de suivi projet standardisé permet de ne pas alourdir les projets avec la démarche qualité : les équipes savent de quoi est composé le dossier de suivi du projet, quel que soit le projet.
A propos d'adhésion, comment s'assurer du sentiment d'appartenance à la démarche CMMi de la part des équipes opérationnelles ?
Emmanuel Garnier – Il faut commencer par un plan de communication interne clair et efficace. Plusieurs solutions sont possibles. Chez Systalians, nous avons fait le choix d'un séminaire d'une journée afin de présenter le projet et les apports en termes de qualité, accompagné d'ateliers de travail où toutes les personnes concernées ont pu échanger sur le sujet. Ensuite, surtout ne pas séparer opérationnels et qualité : l'idée est de travailler ensemble à la construction d'un référentiel qui corresponde aux besoins en termes de qualité sans pour autant être incompatibles avec la réalité du terrain. Une campagne d'information / formation est également nécessaire, notamment auprès des fonctions-clés telles que les chefs de projet par exemple, qui deviennent un relais auprès du reste des équipes.
Quels sont le coût et le ROI escompté d'une démarche CMMi dans le cadre d'un tel projet ?
Emmanuel Garnier – Pour notre cas, le coût de la démarche CMMi est d'environ 1 000 jours/homme sur 18 mois, sur un projet global d'intégration Usine Retraite qui en compte 22 000 sur 3 ans. Soit un peu moins de 5%. Quant au ROI, s'il est bien sûr très difficile à évaluer, est en règle générale estimé à 5% du projet. On peut donc considérer que les coûts sont compensés par les économies engendrées. Sachant que d’autres gains sont également générés : productivité, détection de défauts, etc.
Quels sont les pièges à éviter dans le cadre d'une démarche de CMMi ?
Sylvie Talieu-Dutrieux – En premier lieu, trop écarter la démarche de l'opérationnel : par définition, les processus mis en œuvre doivent répondre à la réalité du terrain. Il ne faut pas qu'ils soient une contrainte mais au contraire une aide au quotidien pour les opérationnels qui les utiliseront tous les jours. Ensuite, vouloir tout d'un coup attendre d'avoir défini précisément le référentiel n'est pas forcément une bonne solution, au risque de ne jamais arriver à appliquer le référentiel. Inversement, le modifier sans arrêt risque de « déstabiliser » le référentiel : mieux vaut le figer, quitte à ce qu'il ne soit pas parfait, et l'appliquer tel que, puis s'appuyer ensuite sur le GAP pour le faire évoluer en fonction des remontées terrain.
Avez-vous rencontré des zones de recouvrement avec d'autres certifications déjà obtenues ?
Emmanuel Garnier – Pas vraiment puisque les autres certifications obtenues ne sont pas en lien direct. Ce qui est certain en revanche, c'est que cela nous a aidé dans la démarche (amélioration continue et système de management en place) qui n'aurait sans doute pas été aussi rapide (18 mois) et productive.
